4 Le Magicien

 

 

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Le magicien

 

            Quand l’écrivain se réveille, le soleil est déjà haut dans le ciel. Il est tout courbaturé et il n’ose pas bouger de peur de réveiller Maïla qui s’est blottie contre lui. Dans son sommeil, elle a l’air vraiment très fragile. On dirait un bébé qui dort près de lui.

            Ils sont assis prés du feu mourant, ils sirotent leur café en profitant des dernières minutes de repos avant de reprendre la route quand des éclairs illuminent le ciel tout autour d’eux, accompagnés de coups de tonnerre assourdissants, puis, une voix terrible se fait entendre, venant de tous les coins et leur glaçant le sang. La voix du magicien.

           - FAITES DEMI TOUR MAINTENANT ET JE VOUS ÉPARGNERAI.

            C’est Chris qui lui répond.

            -Tu ne nous fais pas peur et rien ne pourra nous arrêter ! Tu n'es rien et tu le sais. C'est à toi à t'éclipser et nous te laisserons en paix.

 -DANS CE CAS JE VAIS VOUS ANÉANTIR. A COMMENCER PAR TOI LA JEUNE GUEUSE, TU VAS PAYER POUR AVOIR TUÉ MON FIDÈLE OURIK QUI GARDAIT

 

L'ENTRÉE DE MES TERRITOIRES AINSI QUE FENCHICK LE MEILLEUR DES LOUP GAROU.

 

            ENSUITE CE SERA TON TOUR L'ECRIVAILLON RATÉ. TU TE PRENDS POUR DIEU. TU T'IMAGINE CRÉER ET DECREER LES CHOSES ET LES ÊTRES, MAIS TU N'AS JAMAIS RIEN INVENTÉ, DONC TU NE SUPPRIMERAS RIEN.

            ET POUR FINIR CE SERA TOI LE LOUP GALEUX TU AS RENIÉ TA RACE  POUR T'ALLIER AUX HUMAINS.

           Maïla n’en revient pas du cran avec lequel Chris a répondu. Elle ne s’attendait pas à ce qu’il tienne tête au magicien, même si ce n’est qu’en paroles et elle en est fière. Les évènements de la nuit l’ont métamorphosé. Elle le regarde et lui demande

            - On y va ?

            - Allez, on décolle. Je pense que l’on ne va pas tarder à avoir des nouvelles de notre ami, je ne crois pas qu’il ait apprécié que je lui réponde.

            Ils cheminent depuis un quart d’heure, quand les premières goutes de pluie commencent à tomber. Juste une bruine au début mais qui s’intensifie de plus en plus pour devenir une forte averse.

 

 

 

            - On avait bien besoin de ça. Maugrée l’écrivain.

           - Réjouis-toi plutôt. Cela signifie que le magicien perd de son pouvoir. Il y a des années qu’il a asséché les terres. Plus aucune pluie n’est tombée depuis une éternité. Il a pu ainsi « parquer » les habitants dans des villes bâties près de nappes phréatiques qui semblent inépuisables. C’est ainsi qu’il tien le monde à sa merci. Personne n’ose quitter les villes de peur de ne pouvoir survivre dehors.

            - Mais tu es magicienne toi aussi, tu pourrais nous créer un abri.

            - Cela ne marche pas comme ça. D’abord je ne le sais que depuis hier, ensuite je ne sais pas comment utiliser mes pouvoirs, mais je doute que je puisse faire une maison d’un coup de baguette magique. Nous ne sommes pas dans un comte de fée. Dis, tu m’écoute quand je parle ?

            Non, il ne l’écoute plus. Il a quitté la route et se dirige vers l’ouest. Maïla comprend pourquoi, quand elle aperçoit une grange abandonnée à quelques centaines de mètres. Elle était tellement accaparée par la route qu’elle n’avait pas vu cette construction. Ils se mettent à l’abri et font le point sur leur situation.

            - Crois tu que nous allons rencontrer du monde sur cette route ? demande l’écrivain

 

            - Pas sur la route, non, mais plus loin en la quittant il y a des villes. Regarde j’ai retrouvé la carte de Sean dans ses affaires.

            Elle déplie la carte par terre pour l’étudier. Chris a l’air perplexe.

            - Qu’est ce qui te tracasse ?

            - Elle est bien belle cette carte mais on ne sait toujours pas où on va.

          - On va au bout de la route. – Elle lui montre un point sur la carte -. Tu vois on est ici. Les villes se sont ces grands carrés disséminés à l’est de la route. La prochaine est à environ un jour de marche d’ici, si on marche à une bonne allure et si on ne prend pas de haltes trop importantes.   

            - C’est bizarre cette route toute droite sur des kilomètres, il doit bien y avoir des obstacles, je ne sais pas moi des rivières, des montagnes…

            - Tu n’as jamais entendu parler de pont ni de tunnel ?

            - Ne rigole pas je suis sérieux. Même les plus belles autoroutes que j’ai connues étaient obligées de contourner un obstacle à un moment ou un autre.

 

 

 

 

 

            - C’est la route du magicien, ne l’oublie pas. Bon puisque nous sommes bloqués par la pluie je propose que nous mangions maintenant. Ce ne sera pas du lièvre, mais de la viande séchée et des haricots, ça te va ?

            - Je n’ai pas le choix. Il y a même du bois entreposé dans ta grange, pour faire du feu, tu fais vraiment bien les choses.

            - Qu’est ce que tu racontes encore ?

            - C’est bien toi qui as fait apparaître cette grange, quand je t’ai demandé de nous faire un abri.

            - C’est une coïncidence.

            - Une coïncidence qui n’était pas là la minute d’avant. On l’aurait vu.

            - On regardait la route. Mangeons, j’ai hâte d’arriver à cette ville.

            - Comment vat-on faire pour y entrer ? Il doit y avoir des gardes.

            -Pour entrer il n’y a pas de problème. Pour en sortir cela risque d’être plus ardu.

            -Merci de me rassurer. En gros tu me dis que tu nous emmènes en prison.

 

 

            - C’est ça. Mais je pense que nous pourrons trouver de l’aide. Je doute que le magicien a réussi à envouter toute la population.  La pluie c’est arrêtée, repartons. Regardes, la prairie commence à verdir, le magicien pourpre doit être fou de rage. Il va redoubler ses forces pour nous éliminer.

            - Tu le crains vraiment tant que ça, ce magicien pourpre ? 

            - Et même plus si tu veux le savoir. Il faudrait être attardé mental pour ne pas le craindre. Tu as vu dans quel état un a mis le monde. Il a tout asséché pour pouvoir rassembler le peuple, qui devient son bétail, dans des villes, qui ne sont en fait que des enclos. Aussi je te préviens, il va falloir rester sur nos gardes. Je n’ose pas imaginer ce qu’il va nous envoyer pour nous arrêter. Comme tu le sais, je suis la seule qui peut le contrer, mais pour le battre, j’ai encore beaucoup à apprendre. Il n’y a que dans les villes que je peux en savoir plus et éventuellement trouver de l’aide.    

           

            Dans le palais du magicien, c’est l’effervescence. Tamis, le grand chambellan, se hâte dans la salle du trône. Le maitre des lieux le reçoit, entouré des êtres mythiques qu’il a créés, pour son plaisir et pour tenir ses sujets dans la peur. Le faste de la pièce a disparu depuis des lustres. Les murs, autrefois chamarrés, sont

 

 

désormais, couleur de sang. Les meubles en bois précieux, sont ternes et couverts d’une poussière qui ressemble à de la cendre. Il essaye de masquer, tant bien que mal, son malaise.

            - Maitre, il faut les arrêter. Ils ont déjà fait pleuvoir, et ils vont se rendre à la ville de Mûnuovo.

           - Je sais déjà tout cela, misérable cloporte. J’ai envoyé la troupe d’Anubis à Mûnuovo. Ils ne pourront pas en réchapper. Tu vas, d’ailleurs, toi aussi là-bas, pour réparer tes erreurs. La petite gueuse n’aurait jamais dû arriver jusqu’au terres mortes, et maintenant elle a deux alliés plus dangereux que tout. Si tu ne me les ramènes pas cette fois-ci, tu paieras pour eux.

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Date de dernière mise à jour : 22/01/2016