8 La pierre philosophale

 

 

 

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La pierre philosophale

 

            Le repas terminer chacun regagne son couchage. Haty ne dort que d’un œil tandis que les autres sombrent dans un repos mérité. Alex s’est mutée en loup, afin d’être prête, au cas où il aurait un danger. L’écrivain quand à lui peine à trouver le sommeil. Pourra-t-il trouver une solution à son problème ? Il est évident qu’il ne pourra pas rester dans ce monde, qui n’est qu’un monde imaginaire, mais serait-il possible qu’Alex puisse passer dans le monde réel ? Maïla est déjà passée dans son monde mais elle n’est restée que quelques heures, et elle n’est pas sortie de chez lui. Et même si c’était le cas, arriverait-elle à s’adapter à une vie totalement différente de celle qu’elle a ici ? Qu’adviendra-t-il de sa partie loup ? Il y a beaucoup trop de différence entre ici et la éalité. Mais lui vit bien ici depuis quelques semaines 

déjà, s’il restait serait-il condamné à écrire éternellement la suite des évènements ou perdrait-il lui aussi le pouvoir de modifier les choses ? Pourtant ce serait bien aussi de rester ici. Tout abandonner de sa vie d’avant. S’ils parviennent à neutraliser le Magicien Ecarlate la vie ici pourrait être agréable. Il n’a aucune attache dans son monde. Sa femme et sa fille sont mortes dans un accident de voiture et il n’a pas connu ses parents. Sa jeunesse s’est écoulée entre foyers de l’assistance publique et familles d’accueil. De plus en restant ici il a Maïla qui est la réincarnation de sa fille. Il lui faut arrêter de penser à tout cela pour l’instant et essayer de dormir un peu. Le sommeil ne vient toujours pas et au bout de ce qui lui semble être des heures, il perçoit un mouvement sur sa gauche. Alex se lève de sa place et vient se lover contre lui et lui sussure à l’oreille.

           - Haty monte la garde. Réchauffes-moi.

          Le contact du corps de la jeune femme éveille ses sens et il sait déjà que s’il la touche il atteindra le point de non retour. Mais il ne résiste pas aux caresses de la fille-loup.

           Au petit matin, ils sont tous réuni autour du feu de camp, lorsque Haty s’approche d’eux et les apostrophe.

 

 

            - [Mes amis, je vais devoir vous quitter. Vous pouvez vous débrouiller sans moi désormais, et je dois rejoindre mon clan.]

            - Tu vas me manquer, lui dit Maïla, tu m’as protégé quand j’étais seule et tu m’as sauvé la vie plusieurs fois. Que vais-je devenir ?

         - [Tu as tes nouveaux amis pour t’aider dans ta quête et ce n’est pas moi qui te protégeait mais quelqu’un d’autre qui se manifestera bientôt, maintenant que je ne serais plus là.] 

           C’est avec un pincement au cœur que chacun fait ses adieu au loup, mais avant de partir, il prend l’écrivain à part, et lui dit.

          - [Les loups n’ont qu’un partenaire pour toute leur vie. Alex et un loup, tu ne dois plus la quitter maintenant, ou elle sera seule sa vie entière. Peut-être même qu’elle se laissera mourir].

          Sur ce, il se retourne et s’élance dans les bois. Chris, secoué par ce que vient de lui dire Haty, rejoint ses compagnons et les aides à plier le camp. Maïla lui demande.

 

 

            - De quoi parliez-vous avec Haty ?

            - On se disait au revoir et il me demandait de bien veiller sur toi.

            Il n’aime pas lui mentir, mais il ne peut pas non plus se résoudre à lui dire la vérité même s'il sait qu'elle ne le crois pas.

           Le soleil est déjà haut quand le groupe reprend la route et une douce chaleur les enveloppe, leur remontant le moral. Un splendide ciel bleu, dépourvu du moindre nuage, en guise de couverture et les terres de part et d’autre de la route se recouvrent d’herbes et de fleurs de champs. Les chevaux se sont habitués à Alex et ne la craignent plus, à moins que se ne soit Haty qui leur ait dit qu’elle n’était pas une ennemie. Bref, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. En fin de matinée, nos amis aperçoivent au loin les contours d’un village. Sans doute un hameau abandonné qui n’a pas été rasé pas les soldats du Magicien. Non seulement ces maisons sont les premières qu’ils croisent sur la route, mais se sont les seules à leur connaissance à dater d’avant l’avènement du magicien au pouvoir.

            Quand  les quatre voyageurs arrivent au village ils découvrent des petites maisons de pierres en excellent état, la rue principale, sur laquelle ils se trouvent, qui est également la route du palais, est impeccablement entretenue. Mais ce qui les étonne le plus, c’est le fait que

 

 

tous les toits sont couverts de panneaux solaires. Un modernisme qui jure avec l’aspect rustique du village.

             Bien que la rue soit déserte le hameau n’a pas l’air abandonné. Il y a une boulangerie, une épicerie et un café d’où s’échappe un air de rock.

            Chris se dirige vers la boulangerie lorsqu’un homme sort du café, à une dizaine de mètre, et leur barre le passage.

           Tout de cuir vêtu, la trentaine, des cheveux bouclés lui tombant sur les épaules, une barbe taillée court et surtout, un fusil d’assaut dans les mains. Il les interpelle d’une voie calme mais autoritaire.

           - Holà, étrangés ! Où comptez-vous allez comme ça ?

          - Bonjour, répond Chris, nous sommes des amis. Vous n’avez rien à craindre de nous.

        - Des amis qui se promènent avec un loup-garou et qui prennent la route du Palais Pourpre, il va falloir faire de gros efforts de persuasions pour nous faire avaler cela.

        Des rires fusent dans leurs dos, qui les font se retourner. Une douzaine de mercenaires leur bloque une éventuelle retraite, tous armés et l’air plus agressifs que leur interlocuteur.

 

 

            Maïla s’avance au coté de son père et prend la parole, avec un calme serein.

           - Laissez-nous passer. Nous ne vous voulons aucun mal. Ne nous forcez pas à employer la force.

         - Tu n’as peur de rien la gamine. Tu penses pouvoir battre une douzaine de mercenaires lourdement armés avec ta seule arbalète ? Le temps que tu l’attrape tu seras criblée de balles, ainsi que tes amis.

          Avec une rapidité impressionnante, Maïla pointe alors sa main vers l’étrangé, et en fait jaillir un éclair bleuté, qui fait voler son arme en éclat. Avant que quiquonque n’ai le temps de réagir elle se retourne et en fait autant aux hommes derrière eux. Ses trois amis sont aussi étonné qu’elle de la puissance de sa magie mais n’en laisse rien paraitre.

          - Maintenant, dit-elle, si vous voulez discuter, installons nous autour d’une table et discutons.

          - Ok. Venez dans le café, mais le loup-garou reste dehors.

         - Je crois que vous n’êtes pas en situation de nous imposer quoi que ce soit. C’est nous tous ou personne, et dans ce cas vous n’aurez pas le loisir de voir le soleil se coucher.

 

Vous pouvez emmener vos gardes du corps et s’il y a des notables dans cette ville ils seront aussi les bienvenus.

            - Les notables sont devant vous. Allons nous assoir, je pense qu’il y a beaucoup de questions de chaque côté.

            En entrant dans le bistrot les voyageurs sont agréablement surpris. Ils s’attendaient à trouver un établissement vétuste, comme le sont les façades du village, mais c’est un endroit propre et bien rangé, ou se mêlent harmonieusement le rustique et le moderne. Une demi douzaine de tables rondes, flanquées de fauteuils confortables, occupe un côté de la salle et des box spacieux meublent l’autre côté. C’est vers un de ces box que les conduit leur hôte. Après avoir commandé des bières pour tout le monde il procède aux présentations.

            - Je m’appelle Francis Rodriguez, mais vous pouvez m’appeler Frank. Avec Jack the Ripper à ma droite, que vous connaissez surement pour ses exploits dans le cartier de White Chapel, et Michel Bellegarde à gauche, nous avons réuni un groupe de dissidents quand nous étions à Mûnuovo et avons réussi à nous extraire de la ville. Quand nous avons trouvé ce village qui n’avait pas été rasé nous nous y sommes installés.

            - D’ici nous surveillons les entrées et sorties du palais. C’est l’unique route qui y conduit ce qui fait que

 

nous sommes au courant des mouvements des troupes du Magicien. Maintenant parlez-nous de vous. A ma connaissance il n’y a qu’une seule personne ayant des pouvoirs magique aussi puissants que ceux du Magicien Pourpre.  Il s’agissait de l’héritière, mais elle à été tuée par les troupes d’Anubis. D’où viennent les pouvoirs de cette gamine ?

            - Cette gamine s’appelle Maïla, c’est elle l’héritière et elle est bien vivante. Lui répond Maïla. D’où viennent vos infos ?

            - Le chambellan est passé de notre coté. Vous l’avez vu, il vous a aidé à fuir la cité et il nous a dit que vous aviez été capturée avec l’écrivain, qui aurait été hypnotisé par le Magicien pour vous exécuter.

            - On a bien été capturé, mais je n’étais pas avec Maïla mais avec Alex et j’ai résisté à son hypnose et ma fille et Antony ont réussi à nous libérer avant que la pression ne soit trop forte et que je ne cède aux pouvoir du Magicien.

            - Ok. Vous m’avez l’air sincère. Je vais vous aider dans la mesure du possible, dites-moi de quoi vous avez besoin et vous l’aurez.

            - On cherche la pierre philosophale, lui répond Maïla, savez-vous ou le Magicien aurait pu la cacher ?

 

            - A mon avis il la garde près de lui, au palais, dans la salle du trône. Vous avez deux chemins pour y accéder. Le plus court mais aussi le plus dangereux est l’autoroute de l’Enfer,1 l’autre, plus sur, mais aussi beaucoup plus long, est l’escalier pour le Paradis.2 Mais quel que soit celui que vous prendrais, il vous faudra une complicité pour pénétrer au Palais. Il y a ici un gars qui a travaillé à la construction du Palais. Il prétend avoir en tête les plans complets.

            - Le palais a été bâti par mes parents, comment être sur qu’aucun changement n’y a été effectué ?

            - Les modifications ont été faites avant son départ. C’est l’architecte du palais. Le magicien le croit mort comme tous les ouvriers qui ont travaillé aux modifications, mais il a réussi à en réchapper. Je vais vous le faire appeler.

            Quelques minutes plus tard deux gardes pénètrent dans la salle du bistrot encadrant un petit homme à l’air fatigué. Tout à fait le genre « gratte-papier » des films des années 1950 se dit Chris.

 

 

1 « Higthway to hell » Ac-Dc

2 « Starway to Haeven » Led Zeppelin                                     

 

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Date de dernière mise à jour : 18/04/2017