1 Le récit de Maïla

 

 

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Le récit de Maïla

 

 

            Il n’y croit toujours pas, mais il est trop curieux pour ne pas avoir envie d’écouter l’histoire que cette gamine pourrait inventer, d’autant plus qu’elle à l’air à deux doit de craquer. Il ne manquerait plus que la petite peste ne lui fasse une crise d’hystérie. Et puis, il est tôt, il n’a rien d’autre à faire, donc il a le temps.

            Alors Maïla raconte.

 

            Après avoir enterré ses compagnons et malgré son épuisement autant physique que mental elle a décidé de se rendre à la maison abandonnée qu’ils ont croisée en se rendant à la frontière des terres mortes. Elle voit bien les hyènes qui la suivent de loin mais n’a plus la force de se battre pour l’instant aussi elle ne les chasse pas. Elles finiront bien par se lasser et chercher une proie plus facile comme ce loup solitaire légèrement en retrait mais qui est sur sa piste lui aussi. Ce ne sont pas encore les terres mortes mais plus rien ne pousse ici que des cailloux, l’air est froid bien qu’on soit encore en été pour le peu qu’elle s’en souvienne. Les quelques arbres qu’elle aperçoit au bord se la route soit secs comme s’ils étaient morts il y a des siècles, et ont l’air pétrifiés. Pourvu qu’elle puisse couper quelques branches pour faire un feu pour la nuit. Pouvoir se réchauffer et éloigner les prédateurs ne serait pas un luxe.

            Enfin elle arrive à la bâtisse. Elle est plus petite que ce qui lui semblait mais ce n’est pas grave elle na pas besoin d’un palais, juste un abri pour la nuit.

 

           Après avoir traversé ce qui, autrefois, était un jardin, elle entre dans la maison qui a été dépouillé de ses meubles, portes et fenêtres. Maïla se débarrasse de son sac à dos dans un salon ou ne subsiste qu’une table branlante et une cheminée débordante de cendres et arme son arbalète. Par précaution elle se force à faire le tour du propriétaire. Il est hors de question que son refuge se transforme en piège parce qu’elle n’a pas repéré un nid de prédateurs dans une pièce adjacente à sa couchette

              La visite ne lui révèle rien d’inquiétant, ni d’intéressant d’ailleurs.

            Un couloir sur toute la longueur de la maison, avec trois portes. La première donne sur une cuisine vidée de ses meubles également, la deuxième sur une chambre aussi vide que le reste de la maison, et la troisième sur une salle de bain tout aussi nue qu’inutilisable. Rien ne coule des robinets comme elle si attendait mais elle a préféré essayé. L’espoir fait vivre il parait.

            Après avoir récupéré les deux seules portes restantes sur les placards encastrés dans le mur de la cuisine au dessus de l’évier, elle va ramasser du bois pour essayer de faire du feu.

            La vision qu’elle a en sortant de la maison lui glace le sang. A une cinquantaine de mètres environ une meute de hyènes se tient prête à l’attaquer au moindre signe de faiblesse. Et en avant poste, à mi chemin entre les hyènes et la maison, assis comme un bon toutou attendant une friandise de son maître, le loup qu’elle avait aperçu plus top en prenant le chemin de son abri.

 

 

            Il y a un arbre mort au milieu du jardin, elle casse quelques branches basses sans quitter les bêtes des yeux et rentre dans la maison aussi vite que possible, mais sans précipitation ni geste brusque qui pourrait mettre les hyènes ou le loup en alerte.

            Après avoir allumé le feu elle fait l’inventaire du contenu de son sac à dos.

  • Deux boites de haricots
  • une dizaine de tranche de viande séchée
  • le couteau de chasse de Sean, qu’elle décide de garder à la ceinture
  • Quelques fringues, bandages et pansements     un dernier briquet
  • plus la moitié de son outre d’eau.

            Il faut absolument trouver une ville ou s'approvisionner et du gibier à chasser, mais pour l’heure la priorité et de se reposer.

             Elle pousse la table contre le mur près de la cheminée et y déroule son sac de couchage. Elle accroche son arbalète à un clou au mur qui la laisse à porté de main quand elle se couche sur la table, et après avoir regarni le feu s’installe pour la nuit.

            Elle sombre dans le sommeil aussitôt couchée, et elle rêve.

            Elle rêve de Sean qui l’appelait « petite sœur » et du vieux qui n’était pas si vieux que ça, mais c’est le seul nom qu’elle ne lui a jamais connu.

            Et ils lui parlent.

-Salut petite sœur. Lui dit Sean. Tu dois continuer à chercher le magicien. Toi seule peux le neutraliser. Tu as des pouvoirs que tu découvriras en temps voulu. Tu es la dernière  descendante de la lignée des magiciens blancs qui se sont toujours battu contre les pourpres.

-Nous t’avons recueilli à la mort de tes parents et nous devions te dévoiler tes pouvoirs à partir de tes vingt ans mais la bête en a décidé autrement.

Sean reprend la parole. Il a l’air grave mais il est toujours aussi beau. Plus aucune trace de ses blessures. Elle le revoit comme elle l’a toujours connu, son sourire espiègle en moins.

-Pour arriver au magicien tu dois d’abord aller chercher l’écrivain. C’est lui qui nous a créés nous et notre monde mais la situation lui a échappé il ne contrôle plus rien. Il veut arrêter d’écrire et s’il ne donne pas de suite à notre histoire, ici ce sera le cahot. Le monde qu’il a créé en en train de devenir réel et personne ne peut plus rien y changer sauf toi et lui dans une moindre mesure. Il vit dans un autre monde que le notre, mais tu dois l’obliger à venir ici. Et à tout les deux vous pourrez vaincre le magicien pourpre. Et surtout fait confiance en

 

 

            Et surtout fait confiance en ton nouvel ami qui t’accompagne depuis que nous avons étés séparés.

Soudain ils disparaissent dans un nuage de fumé et une cacophonie qui ressemble à la foi à un rire, un grognement animal et une bagarre de chiens errants.

            Les sons se font de plus en plus précis. La fumée lui agresse la gorge. Elle ne rêve plus.

            Elle est dans la maison. Deux hyènes sont rentrées ainsi que le loup. Ce sont eux qui se battent pour une proie et la proie c’est elle. Elle veut réagir mais elle est dans les vaps, la fumée de la cheminée a envahi la pièce et lui pique les yeux et la gorge. Alors elle se mort la langue pour sortir de sa torpeur. Le gout du sang envahi sa bouche et la douleur est atroce mais le résultat est immédiat. Elle s’empare de son arbalète et tire. Une hyène s’effondre. L’autre s’enfuit. Le loup reprend sa position assise qui l’avait tant impressionné tout à l’heure. Il a plusieurs blessures sur le corps qui tachent son pelage d’un rouge sombre. Au moment ou elle recharge son arme elle se souvient de son rêve et des paroles de Sean.  « Et surtout fait confiance en ton nouvel ami qui t’accompagne depuis que nous avons étés séparés. »

            Il l’aurait protégé des hyènes ? Pourquoi pas. Les choses sont de plus en plus bizarres depuis quelques temps. Et comme pour en rajouter à l’étrangeté de la chose, elle entend une voie dans sa tête.

            « Concentres-toi. Vas trouver l’écrivain ».

            -Mais comment faire ? Qui me parle ?

 

 

            -Ne t’occupes pas de cela pour l’instant. Va chercher l’écrivain et ramènes le ici je t’expliquerais après.

            Alors elle se concentre sur l’écrivain. Un mot dans sa tête qu’elle se répète comme un leitmotiv à lui faire exploser les neurones « l’écrivain, l’écrivain, l’écrivain … ».

            Sa vue se trouble, la tête lui tourne, les murs autour d’elle ondulent, changent de couleur. Des meubles prennent formes. Petit à petit l’univers autour d’elle se stabilise.  La pièce ou elle était a changée. Les murs sont couverts d’un papier peint crème sans décor ni photo ni tableau, le sol et recouvert d’un parquet ciré, une table basse flanquée de deux fauteuils et d’un canapé en cuir noir composent le seul ameublement avec une bibliothèque sur le mur d’en face et un mini bar à la place de la cheminée.

            Sitôt installée sur le canapé un homme franchit la porte située face à elle pénètre dans la pièce. Elle ne l’a jamais vu mais le reconnait de suite.

            L’écrivain.

 

 

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Date de dernière mise à jour : 23/11/2015

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